Le silence du Piano (Mis en ligne le 06.10.08)

 

Information du mois : le CD posthume « Le silence du piano » sort.
Vous le savez peut-être déjà… Vous me l'avez peut-être déjà acheté.
Pascal Lloret avait donné très peu de concerts en solo. Nous avons pu retrouver l'enregistrement de l'un d'eux. Sa qualité musicale est telle que nous avons décidé de l'éditer. L'ARFI, célèbre groupe avec lequel Pascal jouait, a co-produit le CD avec nous, sous son label, et leur graphiste Jérôme Lopez a composé une jaquette mettant en scène des images d'Éva, la fille de Pascal. Gilles a imaginé des titres cocasses qui sont autant de clins d'œil à la vie de son frère. Bien entendu le son est celui qu'aurait aimé Pascal : Thierry Ronget l'a poli. Mais le concert solo est dans son intégralité et sa continuité.
Témoignage exact donc, dans sa fulgurance et sa fragilité, sa virtuosité et sa tendresse, joie et violence. Pascal y joue de plusieurs instruments, quelquefois simultanément, parcourt sa palette de genres, introduit ses thèmes avec la plus grande délicatesse, les fredonne dans une irrépressible nécessité et met un bémol à sa mélancolie.
Vous aimerez.
Bien entendu, si vous aimez beaucoup, vous serez gentils de ne pas dupliquer : les artistes ont des descendants…
Voici donc ce que nous vous proposons : Gilles, expert ès œuvres de Pascal, a composé le bon de commande, j'ai pour ma part extrait 45 secondes de la plage « L'élan de mains qui chantent » pour que vous puissiez, si vous le désirez, en goûter la saveur.

Voici en pièces jointes ces éléments. Servez-vous-en !
Vous m'obligerez en les diffusant à vos correspondants susceptibles d'être intéressés. Merci.
En toute amitié


Raoul LLORET
33 Rue du Priou
38180 SEYSSINS
04 76 96 94 63
raoul.lloret@wanadoo.fr

 

Télécharger le bon de commande

Ecouter un extrait

 

Article paru dans Jazz Magazine d’Octobre

PASCAL LLORET – « Le Silence du piano »
1 CD Arfi/Abeille Musique - Par Philippe Carles

Ocarina, mélodica, berimbau, piano jouet, bugle, accordéon, métaux, accessoires, percussions, voix : quelques-unes des “extensions” et annexes du piano de Pascal Lloret (1959-2005). Mémoires hispaniques (“Madre Latina”), Brésil, Asie, Afrique, musiques classiques, théâtre musical et pour enfants, jonglage et cirque, danse, et tous les délires de la lyonnaise ARFI et les “tribulations” de Jean-Marie Maddeddu : quelques-unes des tentations, expériences et “racines” d’une oeuvre prématurément close dans une mince discographie où se succèdent le chanteur-poète galicien Antonio Placer, François Raulin, Raymond Boni, Jean-Luc Cappozzo, André Jaume et bien sûr les Maurice Merle, Jacques Veillé, Jean Bolcato, Christian Rollet et autres aventuriers arfiens, dont Jean Méreu et Alain Gibert à qui l’on doit des commentaires plus chaleureux et indispensables que de banales liner notes. Et puis, cadeau inespéré, ce rare concert en solo gaiement pluriel (au Théâtre de la Renaissance d’Oullins) où s’entretissent et s’entrechoquent allusions et alluvions latines, flamenquismes vocalement soulignés, réminiscences plus ou moins “impressionnistes” et tourneries ascendantes aux intitulés lumineux : Chute d’Ut, Où va la musique quand elle s’arrête ?, L’Élan de mains qui chantent… Une virtuosité singulière et polymorphe, un multi-instrumentisme et un activisme musical frénétiques à en croire ses amis, une curiosité et un enthousiasme tous azimuts et, pour dramatiser le tout, une vie, une “carrière” abrégées : de quoi alimenter une légende comme en rêvent les jazzfans (ou plutôt tous les “fans”), collectionneurs de héros au destin déchiré. Au-delà de ce risque, de cette tentation, reste la frustration, au terme (après la 64e minute de concert) du Tempo Caldo offert en rappel, au piano et à l’accordéon, l’impossibilité d’entendre la “suite”. Comme à la lecture d’un roman dont les dernières pages auraient été arrachées. C’est trop bête.